Instrumenthèque d’Afrique au Cameroun : transmettre, documenter, faire réseau
Depuis plusieurs années, Afrikayna développe le programme VITA (Valorisation des Instruments Traditionnels d’Afrique), qui explore les savoir-faire liés à la fabrication, la restauration et la transmission des instruments de musique traditionnels africains.
Au cœur de ce programme, le projet Instrumenthèque d’Afrique vise à documenter ces patrimoines vivants, à les rendre visibles auprès des publics et à créer des espaces de rencontre entre artisan·es, musicien·nes, chercheur·es et institutions culturelles.
Après les étapes menées au Maroc, au Mali et au Rwanda, l’Instrumenthèque a posé ses valises au Cameroun, du 5 au 25 mai 2025, avec une exposition et plusieurs temps de transmission organisés par l’association Sandja, au Musée National du Cameroun, situé à Yaoundé. Cette halte muséale s’inscrit dans la continuité du partenariat engagé depuis 2016 entre Afrikayna et l’association camerounaise.
Dates
DU 05 AU 25 MAI – Musée National du Cameroun, YAOUNDÉ
En partenariat avec
Sandja
Au cœur des instruments et des gestes
Pendant trois semaines, l’exposition a permis à plus de 1 500 visiteurs de découvrir plusieurs instruments emblématiques des différentes aires culturelles camerounaises et du continent.
Des ateliers pratiques de fabrication et de restauration, accueillant une quinzaine de participants par session, sont venus prolonger la visite, permettant au public d’entrer directement au cœur des savoir-faire.
Ainsi, Paco Mbassi a guidé les participant·es autour du balafon, xylophone aux lames de bois montées sur calebasses résonatrices, couramment joué lors des cérémonies et fêtes communautaires.
Pierre Balla a transmis les gestes de fabrication du mvet, cithare arquée qui accompagne les récits épiques et initiatiques.
Jasmin Songouang a partagé ses connaissances autour de la sanza, petit lamellophone aux motifs polyrythmiques largement répandu sur le continent et enfin, Michel Yetna a animé les sessions dédiées aux tambours Ekali et Nkoul, deux instruments liés aux rites communautaires, aux cérémonies d’autorité ou à la transmission des messages à distance.
Ces ateliers ont offert aux jeunes artisan·es, musicien·nes, étudiant·es et passionné·es un accès direct aux matières, aux gestes et aux techniques d’entretien, pour faire vivre ces instruments dans la durée.


Par ailleurs, une table ronde a réuni, le 7 mai 2025, des intervenant·es d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest et du Maroc pour réfléchir aux enjeux communs de sauvegarde des savoir-faire, de reconnaissance institutionnelle des patrimoines musicaux et de transmission intergénérationnelle.
En parallèle, un tournage documentaire a été mené au Musée National et dans les villages d’Ekali I et II, pour constituer une nouvelle banque d’images et de témoignages. Ce matériau viendra enrichir la documentation audiovisuelle du programme et alimenter les outils numériques de transmission développés dans le cadre de VITA.
Avec cette étape, l’Instrumenthèque d’Afrique poursuit sa mission : croiser la documentation des patrimoines, le partage des savoir-faire et la construction de nouveaux espaces de circulation des savoirs musicaux africains.








